L’Église nous propose un parcours appelé initiation chrétienne, qui permet de nous épanouir et de découvrir l’amour de Dieu. Le baptême, la confirmation et l’eucharistie, sont trois étapes pour grandir dans la foi. Saint Augustin, au V° siècle, employait une très belle image pour faire comprendre le lien entre ces trois sacrements. Les futurs chrétiens sont comme des grains de blé : par le baptême, ils sont « engrangés, moulus et imbibés d’eau pour former une seule pâte », par la confirmation ils sont « cuits au feu de l’Esprit», et par l’eucharistie ils deviennent « un seul pain », nourris par le corps du Christ pour devenir son corps, l’Église. Nous pouvons aussi comprendre ces trois sacrements comme origine, croissance et soutien de la vie naturelle.

C’est ce que disait le pape Paul VI : « Nés à une vie nouvelle par le baptême ; les fidèles sont en effet fortifiés par le sacrement de confirmation et reçoivent dans l’eucharistie le pain de la vie nouvelle. » (cité dans le Catéchisme de l’Église catholique § 1212.) Parler de sacrements del’initiation, c’est parler de rites de re-naissance, de rites de passage d’une ancienne à unenouvelle identité. Les sacrements de l’initiation nous font entrer dans le mystère du Christmort et ressuscité.

 

La Confirmation

Dieu confirme notre baptême : « Oui, tu es bien mon enfant, je te reconnais, tu vis de ma vie et de mon souffle » ; et l’Église le reconnaît. Le confirmant confirme à son tour la foi que Dieuporte en lui : « Oui, je sais que je suis enfant de Dieu. Et avec les autres je veux vivre en chrétien, je n ‘ai pas peur de le montrer, je veux annoncer la bonne nouvelle de Jésus Christ et recevoir la marque de son Esprit. »

Confirmation

Sa liturgie
Le sacrement de la confirmation est donné par l’onction du saint chrême sur le front, faite en imposant les mains, et par ces paroles : « Sois marqué de l’Esprit Saint, le don de Dieu. » La liturgie du sacrement comprend quatre temps :

> L’appel : En s’avançant à l’appel de son prénom, chaque confirmant marque son désir personnel du sacrement.
> La profession de foi : « Nous croyons. » La parole personnelle des confirmands fait ainsi écho à celle de l’Église. L’une ne va pas sans l’autre.
> L’imposition des mains, faite par l’évêque et les prêtres concélébrants sur ceux qui vont être confirmés. Elle est accompagnée d’une prière adressée par l’évêque seul qui mentionne les sept dons de l’Esprit. C’est l’expression du geste biblique par lequel on appelle le don de l’Esprit.
> La chrismation (onction du saint chrême) qui, avec les paroles qui l’accompagnent, signifie ce que réalise ce don de l’Esprit. « Marqué d’huile parfumée par la main de l’évêque, le baptisé en reçoit un caractère indélébile, le sceau du Seigneur, en même temps que le don de l’Esprit qui le configure plus parfaitement au Christ et qui lui donne « la grâce de répandre parmi les hommes la bonne odeur du Christ » {2 Co 2,15). » Rituel § 36.

Marqué de l’Esprit de Dieu
Être confirmé, c’est être reconnu comme membre à part entière de l’Église corps du Christ ; aussi, on n’est jamais confirmé tout seul [sauf raisons particulières).
• Une marque, celle de l’Esprit Saint. C’est l’Esprit qui habite en moi et va imprégner dans ma vie quelque chose d’ineffaçable. Son souffle me fait vivre. Ses dons m’enrichissent.
• Une parole qui rappelle le don de Dieu, à annoncer, à rappeler. Avec la marque que nous portons, nous acceptons d’être reconnus comme chrétien. C’est exigeant, on ne peut pas faire n’importe quoi. Mais c’est aussi notre force et notre espérance. Dieu nous donne son Esprit, nous ne sommes pas seuls. Avec l’Esprit Saint en nous, avec nous, sur nous, nous serons témoins de l’Évangile. Une odeur, celle de l’huile qui assouplit les sportifs et les rend forts, mais une huile parfumée dont la bonne odeur se répand autour de nous.

Un peu d’histoire
Dès les premiers jours de l’Église, selon les Actes, le rite du baptême est complété par celui de l’imposition des mains pour le don de l’Esprit. L’évêque est responsable de la communauté. À Pâques, il baptise, fait l’onction d’huile et impose les mains au néophyte en appelant l’Esprit-Saint. Puis l’eucharistie est partagée entre tous. Aux origines, les deux rites sont liés et constituent la totalité du baptême dans l’Esprit. Si le baptême donne l’Esprit Saint, la confirmation achève ce don. Elle est l’accomplissement du baptême. Quand le christianisme se répand, l’évêque est plus loin des communautés de plus en plus nombreuses. L’habitude se prend alors que le prêtre baptise les catéchumènes de sa communauté, et l’on attend l’évêque pour faire aux nouveaux baptisés l’onction et l’imposition des mains. Au V siècle, les évêques occidentaux ont voulu maintenir leur participation personnelle dans l’onction finale du baptême, alors que les évêques orientaux choisissaient de la confier aux prêtres. L’habitude va donc se prendre dans L’Église catholique latine de séparer les trois sacrements de l’initiation chrétienne.

La Pentecôte du chrétien
Au baptême nous sommes devenus des vivants. Le sacrement de confirmation nous rend vivifiants, porteurs de ce souffle de Dieu dont nous sommes marqués. Comme les Apôtres à la Pentecôte (Actes 2,1-13), les baptisés reçoivent l’Esprit à la confirmation :

  • Ils reçoivent la marque de l’Esprit Saint, en communauté et personnellement. «Comme ils se trouvaient tous réunis… il s’en posa sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis d’Esprit Saint. ». C’est pourquoi ce sacrement est proposé à un âge où l’on a déjà vécu cette vie fraternelle.
  • Ils sont appelés à prendre la parole, « comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer »,et à s’adresser à chacun « dans sa langue maternelle », dans son quotidien, avec la familiarité qui a fait balbutier les premiers mots vers Dieu. Les années de catéchèse permettent d’acquérir cette familiarité dans notre façon de nous adresser au Père.
  • Ils deviennent artisans d’unité, non seulement dans l’Église, mais pour tous ceux qui en sont témoins, avec qui nous cherchons à entrer en communication personnelle.C’est l’Esprit qui nous permet de nous reconnaître ensemble filles et fils de Dieu, de dire Notre Père.
  • Ils sont envoyés en mission, comme Pierre et ses compagnons qui vont partir sur des chemins inconnus, emplis du souffle qui donne l’audace, qui rend ivre : « Ils sont pleins de vin doux.» Une ivresse qui donne du goût, qui gonfle et regonfle. La confirmation fait des baptisés un peuple de chrétiens inspirés, un peuple qui a du souffle.

 

Marie-France Bergerault
Enseignante à l’Institut catholique de Paris
Points de Repère n°184