Les chrétiens en Jordanie aujourd’hui

Pays du Moyen-Orient essentiellement musulman, la Jordanie a une petite minorité de chrétiens de 2 ou 3% (200.000 à 220.000 habitants) sur son sol, se divisant pour moitié en latins et pour moitié en orientaux. Ces chrétiens appartiennent à deux grandes Églises : L’Église grecque orthodoxe (presque 50%) et l’Église catholique (40%), le reste comprenant quelques milliers de fidèles anglicans et luthériens, maronites, syriens et arméniens.

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Catholiques à Amman JordanieLes communautés jordaniennes chrétiennes jouissent d’une situation calme et favorable à leur présence sur le sol jordanien.  Le roi Abdallah II est en effet modéré et tient à l’harmonie dans son pays. Toute liberté religieuse est laissée aux chrétiens en Jordanie. Ceux-ci ont un pourcentage non négligeable de représentants au Parlement : 9 sur 130 députés sont chrétiens. De plus, le vice-premier ministre est un chrétien latin. Cependant la liberté de conscience n’existe pas : on peut se convertir à l’Islam mais pas le contraire. Il existe une ambiguïté réelle sur le statut personnel, mais le respect des sentiment religieux est présent.

L’Église catholique – surtout la branche latine qui constitue la majorité des catholiques – excelle  par son activité éducative et est fort bien représentée dans l’enseignement. La qualité élevée des écoles et des collèges catholiques attire les élèves des familles musulmanes. Les écoles latines sont très bonnes, mais elles ne reçoivent pas le soutien de l’Etat. La scolarité est chère pour les parents. Heureusement, les écoles sont aidées par l’Ordre équestre du Saint Sépulcre de Jérusalem, notamment pour les familles de condition modeste. En outre, la création d’une Université catholique en Jordanie voulue par Jean Paul II et dont la première pierre fut bénie par Benoît XVI en 2009, ne fait que renforcer et élargir l’influence éducative de l’Église catholique en Jordanie.
Si la partie Ouest d’Amman est riche, le reste de la ville est pauvre, de même que la Jordanie dans son ensemble. Beaucoup de jeunes ne trouvent pas de travail. Cela engendre malheureusement du fanatisme et de l’extrémisme religieux (Daech né en Arabie Saoudite). Le gouvernement a heureusement un point fort : la police secrète qui freine les fanatismes.

Les chrétiens jordaniens n’ont guère connu de situations semblables à celles des Libanais chrétiens, des Syriens chrétiens ou des Irakiens chrétiens. Les chrétiens de Jordanie – dont presque la moitié est d’origine palestinienne (population arrivée en Jordanie en deux grandes vagues d’immigration et bien intégrée à leur terre d’accueil) – constituent, de toute évidence, une composante essentielle et stable de la société jordanienne.
L’exode des chrétiens d’Irak a aussi augmenté considérablement le nombres des chrétiens en Jordanie : leur nombre est de 16 000 personnes. D’autre part, la guerre a obligé des centaines de milliers de Syriens à quitter leur pays. Beaucoup sont arrivés en Jordanie (un million et demi, certains dans les camps et les autres dans toutes les villes du Royaume). Parmi eux, quelques 17.000 chrétiens sont passés par le Royaume jordanien, mais au bout de quelques mois, ils sont presque tous partis en Australie, Allemagne, Canada ou États Unis qui les ont accuillis.
Pendant leur séjour sur le sol jordanien, la Caritas de Jordanie leur a tout offert: loyers, scolarités des enfants, soins médicaux dans deux hôpitaux catholiques d’Amman, coupons mensuels de nourriture. Les dons viennent de plusieurs Caritas dans le monde : Allemagne, États-Unis, Vatican, Danemark, France, Belgique etc. 60% de cette somme va au service des réfugiés syriens (dont 1% seulement sont chrétiens), 20% pour les Jordaniens pauvres et 15% pour les Irakiens chrétiens.

Dans un Moyen-Orient où la chrétiens ont tant souffert du terrorisme ces dernières années, la Jordanie offre ainsi un havre de paix où les chrétiens peuvent vivre leur foi sans discrimination. Le dimanche, jour ouvré dans le pays, les chrétiens ont le droit de participer à la messe le dimanche.

Juridiction

Les LMgr.-William-Shomali-01atins sont sous la juridiction du Patriarcat latin de Jérusalem qui étend son pouvoir sur les catholiques de rite latin résidant en Israël, en Palestine, en Jordanie et à Chypre. La structure diocésaine est organisée en six vicariats, dont celui de Jordanie.
Mgr William Shomali est l’actuel vicaire patriarcal latin de Jordanie et le patriarcat est sous l’autorité d’un administrateur apostolique, l’archevêque franciscain Pierbattista Pizzaballa  (ofm).

 

La communauté catholique francophone d’Amman

Amman ND de NazarethLa paroisse Sainte-Marie de Nazareth est une des onze églises catholiques latines d’Amman et la seule à offrir tous les dimanches une messe en français (à 17h30).  La place des femmes est importante pour la catéchèse, pour Caritas… Des religieuses donnent beaucoup de temps dans les paroisses dont Sainte-Marie. L’église est située dans l’enceinte du Vicariat patriarcal de Jordanie et souvent Mgr Shomali célèbre la messe en arabe.

Le P. Antoine Harimat, curé de la paroisse Sainte-Marie de Nazareth, pour les chrétiens arabophones, est également aumônier des Français et fidèles d’autres nationalités francophones. La communauté est de petite taille (une cinquantaine de personnes, généralement en famille avec des enfants). Les fidèles qui assistent à la messe sont français ou francophones.
Les sacrements sont préparés et administrés dans la paroisse, et la catéchèse des enfants est assurée par des catéchistes laïcs.

 

 

 

Amman Ste Marie de Nazareth avec Mgr Shomali