Le père Rémy Kurowski, aumônier de la CCF de Hong Kong, est heureux de partager ses méditations quotidiennes :

Le 25 septembre 2020
Bons pasteurs
“S’il y a de bonnes brebis, il y a aussi de bons pasteurs, car c’est avec les bonnes brebis que
l’on fait de bons pasteurs.” Saint Augustin.
C’est comme avec du bon lait, on fait du bon fromage.
Et sur la bonne prairie, on récolte du bon fourrage.
Le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre.
La qualité des uns dépend de la qualité des autres.
Il en était déjà ainsi entre Jésus et les apôtres.
Mais face à un constat pareil rester de marbre
Ne semble pas être une bonne manière
D’être en vérité devant une logique pareille.
C’est de l’unité entre eux qu’il est question.
C’est de l’action de l’Esprit qu’il y est mention.
Elle qui de bonnes brebis fait de bons pasteurs.
Seigneur,
Ensemble, fais de nous de ton amour des guetteurs!

Le 24 septembre 2020
Les montagnes de la sainte Écriture
“Ne vous égarez pas dans le brouillard, écoutez la voix du berger. Rassemblez-vous sur les
montagnes de la sainte Ecriture.” Saint Augustin
Le croyant est un pèlerin qui sort de lui-même.
La météo est importante pour celui qui est dehors.
Le brouillard est un danger pour celui qui marche à l’aveugle.
Il y a des endroits qui attirent plus que d’autres.
Ceux qui y vont se rassemblent pour la même raison.
Ils y sont de cœur et de corps, unis dans la vie ainsi partagée.
Ils écoutent la voix de leur berger qu’ils suivent.
Ils sortent dehors et marchent pour se nourrir.
Ils se rassemblent sur les montagnes de la sainte Écriture.
Ils y trouvent des délices de joie,
Car la vérité de Dieu
Rend libre celui qui croit!

Le 23 septembre
Bien nettoyer les pierres.
“Chaque âme destinée à la gloire éternelle est faite pour élever l’édifice éternel. Un maçon qui
veut bâtir une maison doit, avant tout, bien nettoyer les pierres qu’il veut utiliser pour la
construction.” D’une lettre de saint Pio de Pietrelcina
Dieu en maçon efficace, c’est un constructeur patient et méticuleux.
Il nous travaille comme une pierre trouvée dans une carrière.
De cette origine, nous avons un souvenir lointain et caverneux.
Nous sortons de la matrice de la terre qui nous a enfantés.
Sans lui nous serions seuls à rouler notre bosse soumis aux pas
De nos jours sans lumière et de nos nuits sans sommeil.
Or, il nous prend tels que nous sommes,
pour faire partie d’un tout.
Lui seul voit comment nous y prenons part une fois nettoyés.
Légèrement polissés, nous acceptons alors d’en être de ceux-là.
Mais lui ne se contente pas uniquement de cela.
Il nous destine à la gloire éternelle, nous et notre âme.
Et c’est bien plus que d’être une pierre docile d’un édifice.

Le 22 septembre 2020
Revenir
“6Si vous revenez vers lui de coeur et d’âme + pour vivre, dans la vérité, devant lui, * alors il reviendra vers vous et jamais plus ne cachera sa face.” Tobie 13
C’est un jeu de cache cache incessant, C’est un mouvement initié depuis toujours.
J’en suis à la fois intrigué, attiré et fatigué, Par cette nécessité de recommencements.
La vérité de Dieu se reflète dans ma vie, Comme dans un miroir cassé et qui déforme.
Ramasser des morceaux brisés est périlleux, Au risque de me faire blesser et souffrir.
Dépité par quelques tentatives infructueuses, Je préfère m’en éloigner et demeurer caché.
Et si le cœur n’en dit plus rien, tant de fois, L’âme gémissante me réveille la nuit.
Elle dit au cœur d’y aller toutefois, Et le coeur obéit un peu et suit.
Jusqu’à sa prochaine lassitude, Jusqu’à son prochain éloignement.
Jusqu’à ce que l’âme n’en puisse plus, Sous les poids de morceaux brisés de la vérité.
Et c’est alors peut être que le coeur comprendra,
Que ce n’est pas Dieu qui se cache,
C’est lui, le coeur mal luné 🌒 qui ne le voit pas.
Seigneur, ouvre mes yeux pour qu’enfin je vois !

Le 21 septembre 2020
Matthieu se leva.
“Matthieu se leva et suivit Jésus.
Jésus vit un homme assis au bureau de la douane ; son nom était Matthieu. « Suis-moi », lui
dit-il. Il le vit non pas tant avec les yeux du corps qu’avec le regard intérieur de sa miséricorde. ”
HOMÉLIE DE S. BÈDE LE VÉNÉRABLE
Son regard fait bouger le corps parce que l’âme.
Matthieu fut aimanté par une force irrésistible.
Toutes les digues de sa protection ont soudain lâché.
Tel un tsunami les flots intérieurs l’ont submergé.
Assi s’élève et marche pour suivre un passant.
Il ne passera plus à côté d’une telle occasion.
Unique, décisive, après sans doute bien d’autres infructueuses, et alors ?
Son temps n’était pas encore venu, comme maintenant, il le sait.
Il n’est pas plus prêt que les autres fois,
mais il bouge de là et il va.
C’est la miséricorde qui le fait marcher.
Elle allège le poids d’un corps terrestre
Chargé des avoirs, trop lourd pour décoller.
Seigneur, donne moi de ta légèreté,
Pour que libéré des entraves de mes lourdeurs,
Je puisse dire aujourd’hui
Oui à ton appel!

Le 20 septembre 2020
Faible et fort à la fois
“Dans les faiblesses, les insultes,
les contraintes, les persécutions et les angoisses,
Lorsque je suis faible,
c’est alors que je suis fort.” St Paul
Il ne cherche pas d’encouragement
Il constate un fait tout simplement.
Il est fort quand il est faible et perdu,
Faible du manque de Dieu en lui.
Le désir aiguisé au-dedans si fortement,
Que cela lui donne à goûter autrement
La présence de Dieu qu’il invoque, pauvre,
Qui cherche trouve, qui frappe on lui ouvre.
C’est la faiblesse qui le fait priant
C’est la faiblesse qui le fait suppliant.
Il n’a honte aucune de s’avouer d’être
Dans une telle dépendance et besoin
D’un divin soutien, crie au secours ouvertement
Et lui témoigne d’un plus grand attachement
Alors que les contraintes extérieures
Sont bien plus fortes qu’une gêne passagère.
Insultes, persécutions, angoisses,
Et il aurait pu continuer la liste des “poisses”,
Des conditions qui indiquent la vie missionnaire
D’un témoin qui ne s’arrête pas en chemin.

Le 19 septembre 2020
Tenté au-dessus
“Dieu est fidèle, il ne permettra pas que tu sois tenté au-dessus de tes forces.” St Augustin
Tenté au-dessus de mes forces,
Faut-il encore savoir leur intensité.
Comment le constater autrement
Qu’une fois celles-ci épreuvées.
Mais alors pour la plupart part du temps
Elles sont défaillantes, ne suffisent pas
Pour résister efficacement
Et enrayer la spirale du mal.
Mais de quelles forces s’agit-il?
Elles sont en nous,
Car le combat se déroule en nous.
Mais elles ne sont pas de nous,
Car c’est Dieu qui l’emporte,
Même quand c’est nous qui semblons gagner la bataille,
Mais finalement ce n’est pas nous.
Quand la bataille est perdue,
C’est nous qui la perdons,
Et Dieu avec nous.
Quand la bataille est gagnée,
C’est Dieu qui gagne,
Et nous avec.
Les forces, seules capables
De résister aux tentations,
Elles sont divines.
Nous, nous en servons
Par notre volonté
Car dans la confiance
À cause de l’amour.
Viens Seigneur au secours de ma faiblesse,
Viens surtout dans ces moments.
Et je suis tenté d’ajouter un constat
Communément partagé :
Pour le reste je me débrouille seul.
Si j’oublie que tout vient de Toi Seigneur,
Je suis un ingrat amnésique et profiteur.
Sans remontrances conduis-moi au pays de gratitude,
Car là je suis protégé de toutes les tentations,
Celles du présent et celles de l’avenir,
Toi seul fidèle tu peux m’en prémunir.

Le 18 septembre 2020
La brebis chétive
“La brebis est chétive, c’est-à-dire qu’elle a un coeur faible, capable de céder aux tentations, si
elle rencontre celles-ci sans méfiance et sans préparation.” St Augustin
La douce naïveté nous guette
Dans bien de domaines de la vie.
Ni la religion, ni la foi
N’y échappent pas.
Nous nous croyons forts
De nos raisonnements,
De nos projets, de nos savoirs.
Et pourtant nous sommes chétifs,
Au cœur faible, attirés par ce qui
Nous semble nous convenir.
Méfiants là, où Dieu nous attend confiants,
Confiants là, où Il nous avertit.
Cette inversion vient du fait
Que nous avons des solutions
Sans intégrer la préparation.
Nombreuses sont les tentations
Et les plus dangereuses sont celles
Que nous ne voyons pas comme telles.
Surtout si elles sont intégrées
Dans notre dispositif de bon chrétien.
Par exemple vouloir se sauver soi même par notre plan d’action sans tenir compte
De ce qu’est le vivre ensemble de la foi
Ni comment grandir selon Dieu.
St Augustin avertit les pasteurs,
De ne pas négliger les chétives
Parmi les brebis qui lui sont confiées.
Et ils prient Dieu de leur ouvrir les yeux
Sur toutes les brebis chétives.
Et surtout celles qui se présentent
Comme fortes et opulentes.
Qui sans le savoir cèdent aux tentations
Rencontrées sans méfiance, ni préparation.

Le 17 septembre
Comme effets de voyage
“Je fis ce qui m’avait été ordonné: je sortis de jour mes effets comme des effets de voyage, le
soir je perçai la muraille avec la main, et je les sortis pendant l’obscurité et les mis sur mon
épaule, en leur présence.” Ezéchiel, 12,7
Qui ne rêve pas dans cette période,
Où presque toute stagne, voire recule.
Voyager pour le plaisir de la rencontre,
Être déplacé de force, c’est autre chose.
Ezéchiel obéit à la vision divine
Qui le fait mimer l’exil et ses malheurs.
Le baluchon sur lui, le trou dans le mur,
L’obscurité recouvre la vie, image de déclin.
La vie des civilisations n’est jamais linéaire,
La vie personnelle ne l’est non plus.
Le recul de la liberté dû au péché,
L’homme croyant le connaît si bien.
L’obéissance à la grâce ne tient
Qu’à un fil, celui de la confiance.
En une vie perdue, mais ainsi retrouvée,
En une vie qui tient à la promesse.
Pour en être non seulement informé,
Pour en être surtout formé et agir.
La Bible nous y renseigne,
La Bible nous y conduit.
S’y aventurer en promenade du soir,
C’est bien pour voir plus clair dans la vie.
Y aller au milieu de la tempête,
C’est urgemment y chercher secours.
Seigneur, tu sais de quelle liberté
La vie menace de me faire priver.
Pour y voir clair,
Laisse-moi sur toi
Mon regard poser,
Pour voyager libre.

Le 16 septembre 2020
J’aurais beau.
“J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me
manque l’amour, cela ne me sert à rien.”1Co13,1-13
J’aurais beau vouloir être un artiste de Dieu sans Dieu,
J’aurais beau me faire passer pour un travesti sans en rejoindre un seul,
J’aurais beau parler car penser et même prier sans vivre la charité,
J’aurais beau vouloir peindre la ville en rouge, sans chercher la source de la joie,
J’aurais beau partir à la guerre sainte sans être saint moi-même,
J’aurais beau me faire brûler vif sans m’offrir à l’amour….
Ce serait griller ma vie,
Ce serait m’agiter inutilement,
Ce serait réjouir momentanément,
Ce serait combler le vide par les paroles creuses,
Ce serait pâtir sans passion,
Ce serait me méprendre sur Dieu.
Et distribuer toute ma fortune aux affamés,
Jusqu’à me faire brûler vif
Ce serait gâcher ma vie.
Ce n’est pas de cela que j’ai envie.
Et alors, et alors j’apprends de la foi
Comme le petit d’homme,
Comment être en somme.
Mais c’est long et parfois
Je préfère rester sur le parvis
Plutôt qu’entrer dans le sanctuaire
Qui me libérerait de toutes les barrières.
Seigneur aide-moi
D’oser le pas.

Le 15 septembre 2020
Notre Dame des douleurs
“7Je ressemble au corbeau du désert, je suis pareil à la hulotte des ruines : 8je veille la nuit, comme un oiseau solitaire sur un toit.” PS 101
Après la Croix Glorieuse du Fils, Les douleurs de la Mère.
Le cortège ainsi mystérieusement initié Ouvre une brèche dans cette chaîne des malheurs,
Que l’humanité endolorie connaît Depuis si longtemps, depuis toujours.
Lui ouvre le ciel et les cœurs et les yeux, Elle ouvre les cœurs et les yeux sur le ciel.
Tous les deux les ouvrent sans fermer Le passage par la vallée de la mort.
Cela n’était pas en leur pouvoir, Elle la servante, lui le maître;
Tous les deux soumis à la volonté Du Père des cieux qui ne les a pas abandonnés.
Quelle foi faut-il pour y rester fidèle, Quelle force faut-il pour ne pas S’enfermer dans les douleurs.
Seul on ne réussira pas, Avec Lui et sa mère, Pourquoi pas apprendre Comment

Le 14 septembre 2020
Croix Glorieuse.
“Signe d’alliance
de l’Esprit et du sang,
pôle du monde,
axe du temps,
jalon d’un passage
et d’un dépassement.
Croix de Jésus Christ,
tu es le mémorial
de notre avenir.” L’hymne de l’Office du jour.
La Croix triomphe avec ses bras ouverts.
Avec Dieu étendu sur elle, elle accueille mon mystère.
Je m’y trouve silencieux, presque muet,
Chuchotant du bout des lèvres vouées
A la prière du mourant qui ne veut pas souffrir,
Ni pendant l’agonie, ni avant, ni à venir.
La croix plantée au coeur de mon destin,
Lui donne l’axe indiqué par le divin dessein,
Celui de ne pas laisser nous abandonner.
Et moi, entraîné, je ne peux que lui donner
Mon bien maigre autorisation
D’être source de toute consolation.

Le 13 septembre 2021
Notre pasteur
“Si ce que nous disons est tiré de nous-même, nous serons pasteur pour nous-même et non
pour les brebis ; au contraire, Si ce que nous disons vient de lui, c’est lui qui est notre pasteur,
quel que soit l’intermédiaire.” Sermon de saint Augustin sur les pasteurs
Reconnaître la source,
C’est vouloir boire de l’eau pure.
Prendre part au ministère,
C’est se laisser renouveler
Dans le ministère d’un Autre,
De qui vient vie et destinée.
Vouloir s’occuper de soi-même,
C’est une mission en vue d’une autre.
Vouloir devenir la source
Pour les autres, à la place de l’Autre,
C’est nier qu’il est notre pasteur.
Or, Il cherche des intermédiaires,
Pas des remplaçants fiers du poste.
Il le cherche inlassablement,
Comme le pasteur qui en son nom
Cherche parfois péniblement
Des mots justes pour guider,
Tellement, il cherche à guider
Avec des paroles qui viennent
De l’Autre, qui se distinguent
Des siennes et qui en font,
Non seulement un bon pasteur,
Mais aussi un bon serviteur,
Dont l’Autre peut être fier.

Le 12 septembre 2020
Le Seigneur passe.
“Le Seigneur passe…
Ouvriras-tu,
Quand frappe l’inconnu ?
Peux-tu laisser mourir la voix
Qui réclame ta foi ?” L’hymne de l’Office du jour.
Un jour où plutôt une nuit déjà tombant,
Soeur Faustine entend quelqu’un frapper doucement
À la porte du couvent, dont elle était portière.
Un miséreux, vêtements en lambeaux,
Sous la pluie, sans manger depuis longtemps,
Comme toujours, elle est entière,
Elle donne à l’affamé et triste,
ce qu’elle trouve dans la cuisine,
Il l’a remercie silencieux et hagard.
Elle pose sur lui un dernier regard,
S’en allant, il se retourne, elle devine,
Elle reconnaît le visage du Christ.
Elle le raconte avec toute la modestie
Que les saints ont la possibilité
De faire, protégés de tout ego.
Le Seigneur passe pour une amnistie
A offrir à tous les condamnés, alités,
Ligotés par le mal, nos alter-ego.
Peux tu laisser mourir la voix
Qui réclame son dû,
Qui réclame ta foi ?
Je cherche cet inconnu,
Je ne vois Seigneur que toi
Qui laisses faire un toit
Pour la maison commune,
Les corps au chaud
Et l’esprit dans la joie !

Le 11 septembre 2020
Annoncer l’Évangile
“Frères,
annoncer l’Évangile,
ce n’est pas là pour moi un motif de fierté,
c’est une nécessité qui s’impose à moi.
Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile !”Co,9,16
Onze septembre, triste anniversaire
Qui ouvre le bilan intermédiaire
De l’histoire humaine dont on est peu fier.
C’est à temps et à contretemps,
C’est pour toujours, aussi longtemps
Que dure notre vie et que nous sommes
Conscients des enjeux de la foi
Que nous prenons l’appel d’autrefois,
Celui de Paul, au sérieux, pas narquois.
Aucune fierté à éprouver, ou à avoir,
Ni désir d’une récompense à savoir
Comme motif d’un titre de gloire.
L’ambition de l’apôtre, il en est certain,
N’est pas celle de s’agiter, courir en vin,
Mais agir pour en sauver quelques uns.
Avec les ondes qui viennent de sa foi
Des avertissements parvient à moi,
Si tu ne l’annonçais pas, malheur à toi!
Sous les bombes à fragmentation,
Qui dechictent sans sommation,
Un tel appel a la force d’obligation.
Je me mets à l’abri des mauvais regards,
J’évite comme je peux, leurs titulaires
Leur missives haineuses et délétères.
Éviter les obstacles à l’Évangile
Implique, volonté alerte, pas fébrile,
Avec la grâce c’est bien plus facile.
Je la cherche, désire et l’implore,
Pour être dans la course qui restore
Et rend bien de douleurs indolores.
Et sur tous les onze septembre
Passés et à venir, de couleur sombre,
L’arc en ciel et son rameau d’olivier
J’invoque sur tous et chacun en particulier.

Le 10 septembre 2020
De hauteur en hauteur
“Heureux les hommes dont tu es la force : des chemins s’ouvrent dans leur cœur, ils iront de hauteur en hauteur !” De l’Office du jour.
Comment monter au ciel? Rêve d’enfant, rêve de l’au-delà.
Avec ses jambes pour gravir La montagne qui l’en rapproche.
L’enfant peut aussi compter Sur une courte échelle,
Ou alors s’envoler comme Dans un rêve qui transporte
Défiant toutes les lois De la lourde gravité.
Et pour l’adulte c’est comment ?
Il continue à défier la gravité De son péché, pour s’envoler
Poussé par le vent de l’Esprit Qui le rend léger et gracieux.
Des chemins s’ouvrent dans son cœur Qui, l’enfant d’autrefois et de ses rêves,
Le conduisent vers les endroits Inaccessibles pour le rêve seul.
Mais de hauteur en hauteur La foi le transporte et en rapproche.
Heureux l’homme dont tu es la force, Seigneur,
Aide-nous à ne gâcher aucun De nos rêves d’enfant,
Qui, tous nous transforment Pour être prêts à t’écouter
Et nous laisser emporter

Le 9 septembre 2020
Tous les noms
“Tu as tous les noms, et comment te nommerai-je, toi le seul qu’on ne peut nommer?” L’hymne du jour
Nommer c’est faire exister l’au-delà Selon ce qui se dit de ceci ou cela.
Nommer c’est de sortir de soi Pour le mettre devant l’autre,
Ce que l’on dit à son sujet, Ou ce que l’on dit de l’autre.
L’on peut même aller parfois, Vouloir les changer et bouger
Leur sens, voire les embrouiller S’y cachant pénard et douillet.
Seul Dieu ne change pas de nom, Lui, qui n’en a qu’un et plusieurs,
Leur nombre est un chiffre rond, Et leur sens est sa lumière.
Tous les êtres vivants, créés, Peuvent trouver leur demeure
Dans son nom, lui le seul Vivant, Que l’on traite de tous les noms,
Parfois par désir de prendre Sa place sans rien comprendre
À sa présence nommable Et l’imposer aux semblables
De leur triste misfortune Ratant le nom de Dieu triune

le 8 septembre 2020
Où es-tu donc?
“09 Le Seigneur Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu donc ? » 10 Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. »” Genèse 3
Où es-tu donc, l’homme du paradis? Toi qui ne manquais de rien, tu te trouves nu!
Quel regard d’innocence t’a déshabillé ? Et quelle honte t’a soudain recouverte?
J’ai pris peur me trouvant mal habillé, J’ai pris froid de ton amour que j’ai vu
S’éloigner de moi et de mon jardin vert, Et je grelotte des souvenirs d’autrefois.
Dieu a entendu la plaine craintive D’Adam entré en terre de désarroi.
Pour donner des forces à ce chétif, Qui manquait de tout à la fois,
Pour le recouvrir à nouveau D’un manteau d’innocence,
Il a ouvert le chemin de renouveau Par l’aveu de la faute et la repentance.
Pour sortir Adam de sa cachette, Il lui a promis retrouvailles et fête.
Il l’a habillé de la dignité à retrouver Dans le corps d’Ève nouvelle, Marie,
Dont c’est l’anniversaire liturgiquement prouvé De sa naissance immaculée aujourd’hui.

Le 7 septembre 2020
Le jour du sabbat
“Est-il permis, le jour du sabbat,
de faire le bien ou de faire le mal ?”
Mc,6,6-11, Évangile du jour
Est-il permis, qu’en dit la loi ?
Quelle loi ? La mienne ou divine ?
Est-elle intégrée en moi et comment ?
Sous l’avalanche de questions pareilles,
Le lendemain de mon sabbat je me réveille.
Je suis saisi pas l’Évangile du jour,
Qui m’offre encore un autre contour.
Celui de faire le bien sans relâche,
Pourvu que je reconnaisse et sache,
D’où vient-elle, une telle liberté,
À laquelle je m’emploie, ainsi attelé.
Quittant la peau d’un pharisien scrupuleux,
Soucieux des apparences, boueux,
En laissant de côté des questions inutiles,
Je ne me perds pas dans des choses futiles.
Le sabbat est comme les autres jours,
Destiné à faire du bien sans relâche, autour.
Avec en prime l’accueil du temps nouveau,
Où Dieu me parle doucement dans le repos.
Avec ce bagage je repars pour la semaine,
Pour travailler en Lui mon Amen.

Le 6 septembre 2020
À visage découvert
“Nous tous, à visage découvert,
réfléchissons comme un miroir la gloire de Dieu.” De l’Office du jour.
Difficile d’être à visage découvert
Dans ce temps de pandémie
Qui dure et nous éprouve.
Pas de gestes barrières devant Dieu,
Devant lui tout est à découvert,
Même le compte en banque
De notre dette mutuelle
Que nous contractions
Par amour pour Lui.
Si la kippa récouvre la tête
Pour ne pas crâner devant Lui,
Et Moïse descendant du Sinaï
Où il était irradié,
Mettait le voile sur le visage,
C’était pour protéger les yeux physiques
De ceux qui allaient poser sur lui
Un regard attiré par une telle lumière.
Nous sommes invités à réfléchir
La gloire de Dieu que Moïse a contemplé,
Sans crâner, ni de tête découverte,
Ni de visage couvert.
Dans l’intimité de la relation,
A découvert devant Lui,
Devenons un miroir de sa gloire.
Dimanche,
Un jour bien approprié
Pour y méditer afin de bien réfléchir.

Le 5 septembre 2020
Libérer la joie
“Quand règne la tristesse, que nous libérions la joie.” Intercession des Laudes
Nombreux sont des règnes
Qui s’imposent à nos yeux
D’enfants, d’adolescents et d’adultes,
De toute âge, nous en sommes pétris.
Tous les règnes sont gouvernés
Par l’ordre, ou le désordre,
Par la foi, ou sa négation,
Par la folie de la croix, ou sans croix,
Par la joie d’enfant, ou sa tristesse,
Par les désirs et leurs frustrations,
Par les fantasmes et leur arrangements,
Par dessus tout et en dépit de tout.
Et quand règne la tristesse
C’est toujours celle d’un enfant
Qui grandit dans son aspiration
A devenir un adulte dans la joie.
“Libérons la joie”, c’est bien plus
Qu’un carnaval au bon aloi,
“Libérons la joie”, ce n’est pas une astuce
Pour se retrouver en soi,
C’est dire bonjour au soleil et au ciel bleu
Que l’on voit dans des yeux tristes d’un enfant,
Qui n’a pas que trois ans,
Mais peut-être trente trois.

Le 4 septembre 2020
Tout mon désir
“Seigneur, tout mon désir est devant toi,
et rien de ma plainte ne t’échappe.” Psaume 37
Comme une libellule au soleil,
Jésus au mont Thabor pareil.
Seigneur,
Je suis transparent à ta lumière,
Je sais, rien ne t’échappe en moi,
Je crois qu’être dans la prière
Afin que tu sois transparent à moi
Me permettrait bien d’échapper à moi,
Telle illusion est bien présente
Quand des cantiques, je te les chante
voulant faire ma volonté en toi.
Mais rien de ma plainte ne t’échappe,
Même pas ce qui est illusoire,
Je sais, toujours tu me rattrapes
Et tu me sors de tous mes mouroirs.
Je suis transparent à ta lumière,
Ta volonté je ne la comprends pas,
Moi, je crois que tu me suis pas à pas,
Partout au-delà de mes frontières
De ce que je comprends de moi et toi,
C’est au-delà que tout ceci s’en va.
Devant toi voici ma plainte du jour,
Je sens que déjà tu viens à mon secours !

le 3 septembre 2020
“Lorsque l’esprit est amené à se disperser et à se déchirer par le souci d’affaires si nombreuses et si importantes, comment peut-il rentrer en lui-même afin de se recueillir entièrement pour la prédication, et ne pas renoncer au ministère de la parole ?” Homélie de saint Grégoire
Le début de l’année avec tant de choses à penser et faire,
L’esprit dispersé et déchiré sous pression des affaires à suivre,
Travail, école, famille, amis…; les intérêts motivent les obligations.
Se recueillir, pour être apte à la mission,
Se laisser plonger dans la méditation,
C’est bien plus qu’une consommation,
C’est une douce nécessité
Pour ne pas renoncer au ministère de la parole,
Qui est celui de tout ministre y dédié en propre,
Qui est aussi celui de tout baptisé
Qui y est sollicité à tant et à contretemps
Quand l’amour du prochain l’invite à la proclamer.
Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche publiera la louange.

le 2 septembre 2020
Au coucher du soleil
“Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait.” Évangile du jour.
Au lever du jour, il y avait tant de malades, Qui ne pouvez pas se lever d’eux-mêmes.
Au coucher du soleil, ils étaient encore plus nombreux, A attendre la nuit avec soulagement et inquiétude.
La honte était couverte par l’obscurité, Et les gémissements silencieux ne s’entendaient plus.
Eux, ils l’entendaient comme d’habitude, Sans espoir aucun d’une délivrance.
Que peut-il changer, un médecin qui passe ? Rassurer? Pas toujours changer le cours des choses.
Ne peuvent rien ceux qui ne passent jamais. D’ailleurs on ne compte pas sur eux, jamais non plus.
Jésus passe dans le silence du soir, Ce moment où tout est déjà “plié”.
Il reste les mains ouvertes du haut vers le bas, Sur eux, qui n’ont plus jamais rien demandé de pareil.
Il y a des jours où Encore au coucher du soleil Un autre jour se lève déjà, Là où l’on n’attendait pas, Comblant d’étonnement, Comblant de joie !
Comblant, Tant que l’un et l’autre Durera

Le 1er septembre 2020
Pour que l’homme
“Pour que l’homme soit un fils à son image, Dieu l’a travaillé au souffle de l’Esprit : Lorsque nous n’avions ni forme ni visage, Son amour nous voyait libres comme lui.” L’hymne de l’Office du jour.
Le premier septembre est marqué Dans beaucoup de pays Par la traditionnelle rentrée des classes;
Mais aussi par l’éclat de la guerre, Aux allures mondiales, Comme la précédente et la suivante.
Si pour aller à l’école on est chargé D’un cartable et de son contenu, Pour équipement d’écolier,
C’est autrement qu’est chargée La besace du soldat, Enfant qu’il était ou qu’il est encore.
Si les premiers ne peuvent toujours pas Y aller physiquement, pandémie oblige, Les seconds sont sur pied de guerre.
Seigneur, protège les uns, délivre les autres, Garde nous tous dans la fidélité à ton nom; Et que nous ne perdions ni ta forme ni ton visage.
Ton amour nous voit toujours libres. Travaille nous au souffle de ton Esprit, Pour que l’homme soit à ton image.
Nous te le demandons ce premier septembre, Le jour de tant de commencements, Qui renvoient à bien d’autres encore

Le 31 août 2020
Je continue
“Je continue de visiter mes élus de deux manières : par la tentation, et par la consolation.
Et chaque jour je leur propose deux leçons : l’une en reprenant leurs vices, l’autre en les
exhortant à faire grandir leurs vertus.” De l’imitation de Jésus.
Sous forme de conseils donnés au croyant,
Le livre contient le condensé de la foi
A l’usage de la vie pratique, spirituelle.
C’est une sorte de “catéchisme”,
Pour les âmes qui cherchent Dieu.
Voilà comment Il les accompagne.
Si les visites par tentation interrogent,
Les visites par consolation sont recherchées.
Si les premières font peur,
Les secondes rassurent.
Même si les deux visites s’effectuent
Dans un contexte de combat,
Les consolations viennent après le combat,
Alors que les tentations sont pour le livrer.
Comment livrer le combat contre les tentations,
Sinon en présence de Dieu
Qui nous soutient pour les gagner.
Comment accueillir la consolation dans les épreuves,
Sinon comme conséquence de
La présence de Dieu durant l’épreuve.
Reprendre et exhorter,
Exhorter et reprendre,
Notre vie peut être plus marquée
Par les épreuves que par les tentations
Ou l’inverse,
Elle est associée à une présence de Dieu
Qui nous paraît parfois bien obscure,
Car l’expérience de son absence dans les épreuves souvent se fait sentir durement,
Et cela nous rend moins attentifs à la présence des tentations qui s’ajoutent, se superposent.
Seigneur donne moi la force d’endurer les uns
Et ne pas succomber aux autres.
Et si je ne peux pas relever les deux à la fois,
Ne tarde pas d’en être ma consolation
Tout aussi dans les tentations que dans les épreuves.
Car ton accueil est toujours là !

Le 30 août 2020
Ne prenez pas
“Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre
façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est
capable de lui plaire, ce qui est parfait.”
Saint Paul aux Romains 12, 1-2
Ne prenez pas pour modèle le monde,
Nous avons envie, le désir y est présent,
Or, nous sommes constamment en butte
A tant d’obstacles et difficultés.
Nous sommes enfants de la terre,
Et le premier modèle qui s’impose
Est celui de ce monde et de ses lois.
Seulement, une fois adultes dans la foi,
Nous arrivons à comprendre peu à peu,
Pourquoi c’est important pour notre foi.
Mais adulte on le devient
Tout le long de la vie responsable,
C’est un processus de transformation.
Le référentiel dans cette transformation
Est Dieu, ce qui lui plaît, est bon et parfait
L’objectif de la vie chrétienne est là,
Dans cet amour qui transforme le coeur,
Ce mon cœur qui change le monde,
Car lui-même en voie d’être changé.
Seigneur, voici, ton Jour,
Le jour du Seigneur,
Renouvelle-moi!

Le 29 août 2020
Tu ne me changera pas
“J’ai découvert que j’étais loin de toi, dans le pays de l’exil et de la dissemblance, et il me
semblait que j’entendais ta voix, venant du haut du ciel: « Je suis la nourriture des forts: grandis
et tu me mangeras. Tu ne me changeras pas en toi, comme la nourriture de ton corps, c’est toi
qui seras changé en moi.»” St Augustin, les confessions.
Encore lui, qui découvre et entend,
Découvre la distance et entend la voix,
Lui qui est si loin, dans le pays d’exil,
Entend la voix venu du haut du ciel,
Lui qui vit dans le pays de dissemblance,
Il lui semblait entendre une voix étrange
Qui mange qui? Qui transforme qui?
Que ta volonté Seigneur soit en moi,
Comme elle est en dehors de moi,
Partout ailleurs et surtout dans ton ciel,
Pour l’accueillir, il faut d’abord grandir,
Mais grâce à quelles forces, Seigneur?
C’est ton mystère qui m’y conduit pour
Être à Ton écoute, sous l’effet de ta voix,
Le reste n’est que la conséquence en moi
Qui accueille ta voix comme j’accueille
Ta nourriture pour qu’elles me transforment
Y compris de ce désir de te transformer
À autre chose que ce que Tu es pour moi,
Car tout en T’accueillant je résiste à Toi,
Tout en te mangeant physiquement
Ou Te désirant spirituellement,
Je le fais depuis mon exil
Depuis ma dissemblance.
Tu le sais,
Pour cela Tu ne Te lasses pas
De revenir toujours vers moi avec
Cette nourriture qui,
Si lentement mais sûrement,
Me transforme en Toi.
Gloire et louange à Toi !

Le 28 août 2020
Je t’ai aimée
“Je t’ai aimée bien tard, Beauté si ancienne et si nouvelle, je t’ai aimée bien tard ! Mais voilà : tu
étais au-dedans de moi quand j’étais au-dehors, et c’est dehors que je te cherchais ; dans ma
laideur, je me précipitais sur la grâce de tes créatures. Tu étais avec moi, et je n’étais pas avec
toi. Elles me retenaient loin de toi, ces choses qui n’existeraient pas si elles n’existaient en toi.
Tu m’as appelé, tu as crié, tu as vaincu ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi, et tu as dissipé
mon aveuglement ; tu as répandu ton parfum, je l’ai respiré et je soupire maintenant pour toi ; je
t’ai goûtée, et j’ai faim et soif de toi ; tu m’as touché et je me suis enflammé pour obtenir la paix
qui est en toi.” Saint Augustin, Confessions
Après la mère, le fils, et quel fils!
Il confesse d’avoir cherché Dieu dehors.
Il confesse sa laideur dans la vie sans Lui.
Il confesse le néant qui l’entourait alors.
Il confesse d’avoir été guéri de sa surdité
Par un appel sous forme d’un cri.
Il avait de la chance que Dieu lui cria si fort,
Qu’il ne pouvait pas ne pas l’entendre.
La grâce de l’appel passe toujours par les sens,
Les oreilles, les yeux…
Entendre, voir, sentir et goûter,
Être touché pour être enflammé.
Tout ceci ne serait pas abouti
S’il n’avait pas produit la paix
Qui est en Dieu et qui est désormais
Aussi en lui, en sa mère,
En moi, en toi,
Pour le moment,
Pour longtemps,
Pour toujours.

Le 27 août 2020
Nous nous trouvions seuls
“À l’approche du jour où ma mère allait sortir de cette vie — et tu connaissais ce jour, mon Dieu
; nous, nous l’ignorions — il arriva, par l’effet de tes arrangements mystérieux, à ce que je crois,
qu’elle et moi, nous nous trouvions seuls, appuyés à une fenêtre d’où l’on voyait le jardin, dans
la maison que nous habitions.” Confessions de saint Augustin
Nu sorti du ventre de la mère,
Nu à retourner au ciel.
Nu et seul, chacun pour sa part,
Les sont l’enfant et la mère.
Ils les sont deux fois,
Pour l’accouchement sur terre
Et pour l’accompagnement au ciel.
La seconde fois appuyés à une fenêtre
Par laquelle ils voient la mer des possibles
Du futur qui tous se résument par un seul,
Celui du départ ultime et de la séparation sans retour,
Dont aucune émotion ne saurait masquer l’âpreté.
Tous les deux appuyés à une fenêtre
D’où l’on voit le jardin, l’image de l’Eden, l’image et la réalité se confondent déjà,
Tellement proches sont l’enfant et la mère.
L’un part, l’autre reste,
Les deux ici et déjà ailleurs,
Chacun pour sa part,
Et Dieu avec eux,
Présent dans la maison, où ils habitent,
Par des arrangements mystérieux
Il les conduit à ce qu’ils croient
En étant seuls l’enfant et la mère.

Le 26 août 2020
Nous nous trouvions seuls
“À l’approche du jour où ma mère allait sortir de cette vie — et tu connaissais ce jour, mon Dieu
; nous, nous l’ignorions — il arriva, par l’effet de tes arrangements mystérieux, à ce que je crois,
qu’elle et moi, nous nous trouvions seuls, appuyés à une fenêtre d’où l’on voyait le jardin, dans
la maison que nous habitions.” Confessions de saint Augustin
Nu sorti du ventre de la mère,
Nu à retourner au ciel.
Nu et seul, chacun pour sa part,
Les sont l’enfant et la mère.
Ils les sont deux fois,
Pour l’accouchement sur terre
Et pour l’accompagnement au ciel.
La seconde fois appuyés à une fenêtre
Par laquelle ils voient la mer des possibles
Du futur qui tous se résument par un seul,
Celui du départ ultime et de la séparation sans retour,
Dont aucune émotion ne saurait masquer l’âpreté.
Tous les deux appuyés à une fenêtre
D’où l’on voit le jardin, l’image de l’Eden, l’image et la réalité se confondent déjà,
Tellement proches sont l’enfant et la mère.
L’un part, l’autre reste,
Les deux ici et déjà ailleurs,
Chacun pour sa part,
Et Dieu avec eux,
Présent dans la maison, où ils habitent,
Par des arrangements mystérieux
Il les conduit à ce qu’ils croient
En étant seuls l’enfant et la mère.

Le 25 août 2020
Cinq chemins de la conversion
“Nous venons donc d’indiquer cinq chemins de la conversion: d’abord la condamnation de nos
péchés, puis le pardon accordé aux offenses du prochain ; le troisième consiste dans la prière ;
le quatrième dans l’aumône le cinquième dans l’humilité.” St Jean Chrisostome
Cinq chemins s’ouvrent devant moi
Chaque fois que le péché a barré la route.
Pas un seul, mais cinq,
C’est déboussolant.
Un chemin de retour aurait suffit
Pour enlever l’obstacle qui empêche
La libre circulation des biens et des pensées.
Mais le péché est bien plus qu’un Encombrant la conscience qui gêne
Il affecte tout mon être comme une tâche d’huile,
Qu’il est possible d’enlever de multiples façons.
Cinq chemins s’ouvrent alors
Et aucun n’est moins important
Ni excluant les autres,
Mais il faut commencer quelque part.
A qui la prière convoquée
A qui l’humilité réactivitée
Où encore l’aumône physique et ou spirituelle,
Sans oublier la condamnation du péché.
Cinq chemins qui mènent à cinq portes,
Par lesquelles on passe de la mort à la vie.
Diverses et variées sont les circonstances de chute,
Diverses et variées sont les voies du salut,
Mais un seul motif :
Ne pas cesser d’aimer,
Sans polluer en même temps.
L’écologie du cœur
Nous ouvre à la joie du ciel.
Ouvrir les yeux sur un nouveau jour
Qui se lève avec un tel désir
C’est déjà être dans le ciel
Et lui appartenir.

Le 24 août 2020
Une meilleure organisation
“ce progrès (technique) importe… beaucoup au Royaume de Dieu, dans la mesure où il peut
contribuer à une meilleure organisation de la société.” Vatican II l’Eglise dans le monde.
Cela avait déjà été dit, constaté, approuvé,
Mais toujours du bout des lèvres,
De manière parcellaire,
Assorti de moultes mises en garde.
Mises en garde continuent à être formulées,
Mais la chose est entendue.
Le monde n’est pas mauvais en soit,
Il est création divine, certes fêlé, mais aimée.
C’est la maison commune,
Dont il faut prendre soin.
Pour s’opposer ensemble
Au Prince des ténèbres et son chaos
Le progrès technique contribue à améliorer la vie sur terre,
Mais ne remplace pas la finalité
Qu’est la vie éternelle,
Ce qu’on serait tenté
D’oublier si facilement,
Même le dimanche,
Sans parler du reste de la semaine.
Mieux est toujours l’ennemi du bien.
Eh bien, faisons de notre mieux.
Mieux, mieux, mieux…

Le 23 août 2020
Une meilleure organisation
“ce progrès (technique) importe… beaucoup au Royaume de Dieu, dans la mesure où il peut
contribuer à une meilleure organisation de la société.” Vatican II l’Eglise dans le monde.
Cela avait déjà été dit, constaté, approuvé,
Mais toujours du bout des lèvres,
De manière parcellaire,
Assorti de moultes mises en garde.
Mises en garde continuent à être formulées,
Mais la chose est entendue.
Le monde n’est pas mauvais en soit,
Il est création divine, certes fêlé, mais aimée.
C’est la maison commune,
Dont il faut prendre soin.
Pour s’opposer ensemble
Au Prince des ténèbres et son chaos
Le progrès technique contribue à améliorer la vie sur terre,
Mais ne remplace pas la finalité
Qu’est la vie éternelle,
Ce qu’on serait tenté
D’oublier si facilement,
Même le dimanche,
Sans parler du reste de la semaine.
Mieux est toujours l’ennemi du bien.
Eh bien, faisons de notre mieux.
Mieux, mieux, mieux…

Le 22 août 2020
Femme vêtue par Dieu
“Femme vêtue par Dieu
D’un manteau de lumière,
Quand l’ombre de la mort
S’étend sur l’univers,
Tu éclaires la voie
Du Royaume des cieux :
Servante du Seigneur,
Tu règnes dans la gloire
Avec ton Fils.” De l’hymne de l’Office du jour.
Sortie du Paradis elle était nue,
Comme lui,
Désormais aussi dans la tête.
Ils ont perdu l’innocence
Et la honte couvrait tout leur corps.
C’est gênant de la porter à nu,
Ils se sont trouvés des caches misère.
Dieu ne les a pas laissé abandonnés
Il a couru derrière pour les revêtir
Non seulement d’une dignité nouvelle,
Mais aussi d’un manteau de lumière.
Aujourd’hui, elle, Reine de l’univers,
Abrite sous son manteau tant d’âmes
Cherchant refuge le plus sûr
Dans le temps et pour l’éternité.
Femme vêtue par Dieu,
Le maître de la haute couture,
Parée de sa divine dignité,
Ce n’est pas elle qui est magnifiée,
C’est Lui à travers elle,
Elle éclaire la voie du Royaume.

Le 21 Août 2020
Dieu que nul œil
“Dieu que nul œil de créature
N’a jamais vu,
Nulle pensée jamais conçu,
Nulle parole ne peut dire,
C’est notre nuit qui t’a reçu :
Fais que son voile se déchire.” L’hymne de l’Office du jour de
Ni voir, ni concevoir, ni recevoir,
Une parole déchirante à son sujet.
Tout est dit et rien ne peut être ajouté,
Seulement une attention à y prêter.
Comment voir dans la nuit pareille
Si on n’est pas équipé d’un appareil
Qui permet de voir dans la nuit
Puisque c’est elle qui l’a reçu.
Comment déchirer la nuit
Sans déchirer mon regard
Qui une fois dessillé
Deviendrait net,
Mais hagard.
Le voile de la nuit,
Le voile de mes yeux,
Le voile sur Dieu,
Le voile sur moi-même;
Quatre voiles flottent déchirés
Par quatre vents de l’Apocalypse,
Leur bruit emplit les oreilles
Qui ne croient toujours pas
Possible une chose pareille.
Avec la levée du jour
J’entends des pas,
Est-ce Dieu qui marche,
Ou mon coeur qui bat?
Fais que je marche Seigneur
Là où ton ❤ bat!

Le 20 août 2020
Il ne manque rien
“Même si la créature aime moins, en raison de ses limites, pourvu qu’elle aime de tout son être,
il ne manque rien à son amour, puisqu’il constitue un tout.” Saint Bernard sur Le Cantique des
Cantiques
La créature se réveille,
La créature apprendre à vivre
Et s’éveille à l’amour divin.
Elle y parvient difficilement
Tant d’autres amours l’attendent.
Ses limites à comprendre l’amour divin
Sont partout et ne l’encouragent pas
Sur la voie de la fidélité à l’amour divin.
La créature s’arrête sur le chemin
Et cueille les fruits de la terre
Avec l’amour d’elle-même ou sans.
Mais une fois dégagée des autres amours
– c’est quand ? est-ce contre son désir ?-
La créature aime de tout son cœur.
Et il ne manque rien à son amour,
Car ainsi elle est unie à son Créateur.
Même si elle aime moins,
Car qui comme Dieu,
La créature est tout entière dans l’amour.

le 19 Août 2020
Que j’éveille
“Éveillez-vous, harpe, cithare,
que j’éveille l’aurore !” Psaume 107
Il fait encore nuit, la tempête tropicale Procure sa dose d’effets acoustiques
Que plus d’un esthète bien intentionné
Transformerait en musique pour film noir.
Pas de blanc avant la levée du jour,
Avant l’aurore, sans doute attendue.
Seule la lumière peut oser
S’immiscer dans ce vacarme.
Harpe, cithare et tous les instruments
Bénissez le Seigneur qui domine la terre.
Les sons des chants lointains
Du Carmel d’Athènes
Me reviennent à l’oreille,
Un souvenir proche et lointain
Se mêle aux agitations tropicales
Et rejoint tous les soupirs de pouvoir
Louer Dieu dans un corps sain et sauf.
Et si le corps n’est ni sain ni sauf
Qui maudirai-je alors ?
La harpe et la cithare
Tant qu’elles n’éveillent l’aurore,
Tant qu’elles n’éloignent l’horreur
Si proche et si lointaine à la fois.
Elles ont la puissance des Muses
Que même les divinités ne dédaignent pas.
Eveillez-vous, que j’éveille l’aurore !

le 18 août 2020
Mes yeux distinguent
“6Mes yeux distinguent les hommes sûrs du pays :
ils siègeront à mes côtés ; *
qui se conduira parfaitement
celui-là me servira.” Psaume 100
C’est Dieu lui-même qui parle
Par la bouche de psalmiste.
Son regard est sûr,
Détectant des hommes sûrs.
Il dit le trouver parmi ceux
Qui se conduisent parfaitement.
Mais qui alors pourrait l’être,
Car devant Dieu personne ne “sûr”.
Par lui même personne, en effet,
par Dieu, tous.
Tous ceux qui cherchent
le regard sûr posé sur eux-mêmes.
(Pouvoir chercher son regard sur nous,
Est-ce un service que Dieu nous rend?
Notre devoir c’est le trouver par notre désir,
Plutôt que par sa toute-puissance.)
C’est dans la perfection qu’il nous communique
Que nous pouvons le servir vraiment,
Dans un coeur sans partage,
Dont les morceaux brisés
Sont à re-coler sans cesse.
Qui peut le faire sinon
Celui qui le connaît par cœur
Lui qui lui a insufflé sa vie
Et connaît sa destinée
D’être en sa présence
Dès maintenant
Et à jamais.

La 17 août 2020
Mon cœur pur
“13Vraiment, c’est en vain que j’ai gardé mon cœur pur,
lavé mes mains en signe d’innocence !
14Me voici frappé chaque jour,
châtié dès le matin.” Ps 72
La mer est agitée ce matin,
Le vent fait des vagues,
L’orage de la nuit a amplifié
Les bruits des coups de tonnerre.
Le psalmiste médite sur son sort,
Comparé à celui des impis.
Eux, ils réussissent à amasser,
Lui se contente de son cœur pur.
Il n’est pas certain de pouvoir durer
Dans une telle innocente disposition ;
Vu les résultats de ses actions,
Il se pose la question : à quoi bon?
Dieu ne le défend pas assez,
Il ne sent plus sa douce présence,
C’est même bien le contraire,
Abandonné, il gît sur sa couche.
Si il est dans un tel état,
C’est sûrement à cause de lui,
Il a fauté quelque part et il est châtié
La cause et la conséquence sont liées.
Il n’a pas besoin d’autres preuves,
Il a trouvé la solution, et peut s’en aller,
Loin de Dieu, loin de son cœur pur,
Loin des jours d’autrefois.
Tel est le sort de l’homme,
Mais tel n’est pas le sort du psalmiste,
Qui n’abandonne pas la requête
Et continue à parler à Dieu dans la nuit.
Même pour lui faire des reproches,
Même en étant distrait par sa vie,
Le fil n’est pas coupé,
le lien n’est pas rompu.
Même sous les gravas des doutes
Et des poids de son existence
Qui s’effondre sur lui
Et l’écrase de tout son poids.
Au bout du fil quelqu’un est là,
Il est là sous le mode de pompier,
De secouriste qui maintient le lien
En cherchant le plan d’action.
Le plan de sauvetage est prévu,
Restent quelques détails à régler
Pour le sortir de l’affaire reste à trouver
Quelques cordages sous forme de prière.

le 16 août 2020
Le sel de la terre
“En disant : Vous êtes le sel de la terre, il leur montrait que toute la nature humaine était affadie
et corrompue par le péché.”
L’homélie de Jean Chrisostome sur l’Évangile de Matthieu.
Je me réveille avec le goût du sel dans la bouche,
Résultat de la proximité de la mer,
J’ai soif pour le dissoudre dans le corps entier.
Sans sel le corps est affadi et corrompu,
Mais ce n’est pas le sel qui le rend meilleur.
Le Christ a déjà fait son travail,
Il est le temps du mien.
Si le sel est affadi par la vie ambiante
Et jusqu’à corrompu par le péché,
Il n’est bon à rien, on le jette dehors,
Et n’est bon à rien non plus celui qui le porte,
Car on lui a donné du sel de la Vie
Pour le préserver de la corruption,
Or celle-ci continue à faire pourrir
La vie de l’âme, et le corps en pâtit.
Si le sel affadi est de celui qui guide,
Double alors malheur,
Pour les autres et pour lui-même.
Or double bonheur dans l’efficacité du sel,
Pour celui-ci et pour ceux dont il a la charge.
Vous êtes le sel de la terre
Et vous êtes destinés à en propager le goût.
Tous, nous sommes des guides des autres
Comme en étaient les apôtres autrefois.
Depuis le goût du sel de la Vie
Va jusqu’à vers moi.

le 15 août 2020
Une femme
“Une femme dont on n’a rien dit,
Si ce n’est sa prière avec ceux
Que brûlèrent les langues de feu,
Baptisés du baptême en Esprit.” L’hymne de l’Office du jour
Et encore aujourd’hui on ne dit pas plus.
Et encore aujourd’hui on dit sa prière.
Elle qui n’avait pas besoin de l’Esprit,
Elle qui y était solidairement avec eux.
Pleine de grâce depuis sa conception,
Sa volonté toute dans la volonté divine.
Comme Jésus fut baptisé solidairement,
Pour leur montrer le chemin vers le ciel,
Elle fut dans l’attente de leur mission
D’aller annoncer la Bonne Nouvelle.
Et encore aujourd’hui elle est avec nous,
Et encore aujourd’hui elle nous indique
Comment être à son Fils et aller au ciel
Tout en restant frères bien sur la terre.
Elle qui fut détachée de cette terre
Y revient si souvent pour nous dire
Rien d’autre que ce qu’elle a toujours été,
Signe éclatant de la présence de Dieu,
Un tabernacle visible de partout,
Une mère couronnée d’étoile qui règne.
Avec elle, la première en chemin
Nous prions le Père des cieux :
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite,
En lui disant :
Pleine de grâce,
Car le Seigneur
Est avec vous,
Prie pour nous…..

Le 14 août 2020
“À notre époque, ce n’est pas sans douleur que nous voyons comme une épidémie, ce qu’on
appelle l’indifférentisme, se propager de diverses manières non seulement chez les laïcs mais
même dans les communautés religieuses” lettre de saint Maximilien Colbe.
Ce matin je me réveille à Cheung Chau,
Là où tant de souvenirs remontent.
J’y suis pour une semaine de repos
Forcé par les circonstances d’être
Parti si près de la vie quotidienne,
A l’endroit même de la vie de la CCFHK.
Tant de souvenirs des retraites vécues ici,
Mais pas ceux de la dernière année, Couverts de silence.
Dans le silence donc je prie pour ceux
Qui n’y sont pas allés pour préparer
Leur mariage, leur confirmation,
Leurs communion ou encore pour d’autres occasions dans les cadres de l’aumônerie de jeunes,
du parcours Alpha….
Dans le silence humblement je prie
Pour ne pas tomber dans l’indifférentisme,
Ni moi-même, ni la communauté
Dont j’ai la charge, ni mes confrères….
Dans silence je médite sur l’épidémie,
Celle de cette année et ses conséquences,
Celles de tous les temps et leurs résonances.
Dans le silence sur le canevas des bruits des vagues,
Se brodent les sons des chants des oiseaux,
L’île est constamment consolée par l’eau salée de mer
Pour lui dire la fidélité de la promesse Que la Vie a déposée en elle.
Maximilien et sa Mère spirituelle cherchaient à faire la volonté de Dieu,
Il l’apprenait chez elle,
Et elle la lui révélait sans faille.
Depuis, tous les deux nous montrent le chemin,
Qui est le nôtre et
Qui passe par des zones dangereuses de tant d’épidémies.
Seulement l’obéissance à la volonté de Dieu
Nous fera les traverser de manière sûre,
Comme le jour se lève, brille l’espérance.

Le 13 août 2020
Tu es venu
“Tu es venu, Seigneur,
Dans notre nuit,
Tourner vers l’aube nos chemins ;
Le tien pourtant reste caché,
L’Esprit seul nous découvre
Ton passage.” L’hymne des Laudes
L’aube de nos chemins,
La vie s’éveille
Avec une lumière qui vient d’ailleurs.
Pourtant tu nous as dit Seigneur,
Que nous sommes la lumière du monde,
Le reflet de ta présence.
Mais chaque matin nous nous laissons
Illuminer de ta présence
Pour sortir de la nuit.
La nuit obscure de nos doutes,
La nuit obscure de nos incertitudes.
Nos yeux voient mal ta lumière,
Éblouis par la lumière du jour,
Fermés dans la prière
Ils voient ton Esprit
Qui nous découvre ton passage.
Tu étais là, et moi,
Je ne le savais pas.

 

Le 12 août 2020
Deux ou trois
“Si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quelque chose, ils
l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »Mt 18, 15-20
Prière de demande,
Une forme de prière parmi d’autres.
Elle “demande” à être regardée de près,
Comme toutes les autres.
Il y a une seule manière de prier,
Mais dans deux contextes complémentaires.
On pense surtout à la prière personnelle,
Dans l’intimité de notre coeur.
Dans un coeur à cœur avec Lui,
Qui nous connaît mieux que nous mêmes.
On voit moins clairement l’autre forme,
Celle qui “demande” à être unis aux autres.
Comme si la première ne nous le demandait pas
A être unifiés en nous-mêmes pour pouvoir prier.
On se sent uni surtout avec ceux pour qui on prie.
On s’unit à Dieu pour cela.
Et lui l’accueille comme un aveu de notre confiance.
Comment alors cela nous fait gagner
En unité intérieure à nous-mêmes ?
Et comment cela nous fait gagner
En unité extérieure avec les autres ?
Car si l’on voit bien l’objectif de la prière de demande,
L’on voit moins la disposition qui précède et qui se poursuit après.
Unis à Dieu et uni aux autres,
Qui est Dieu et qui sont les autres ?
C’est surtout le deuxième contexte de prière
Qui oblige d’y voir plus clair.
Il est plus exigeant, il entraîne tous les autres,
Jusqu’à l’extrémité de la terre,
Et c’est ça l’Eglise,
Là, où deux ou trois prient en Nom de Celui qui est aux cieux.
Et sûrement, Il est là parmi nous, car déjà en nous.
Nous pouvons nous adresser à lui, tel un Père,
Qui est déjà Père de Jésus, comme étant aussi le nôtre.
Disons donc cette prière en toute foi et dans la confiance,
Et disons-la unis, ensemble, dans un même lieu,
Et maintenant surtout à distance.

Le 11 août 2020
Elle chante et s’émerveille.
“Pareille aux lis des champs
que Dieu revêt de sa beauté,
Claire a fleuri au grand Soleil ;
pure simplicité,
elle chante et s’émerveille :
R/ Béni sois-tu, Seigneur,
de m’avoir créée !”
L’hymne de l’Office des lectures
C’est clair, la journée est sous le signe de la beauté créée, et surtout celle que détecte l’âme,
beauté incréée.
C’est la seconde qui fleurit au cours de la vie, croisant la première, les deux se côtoient même
pour que la beauté créée se nourrisse de l’autre.
Ensemble, elles rendent grâce pour le temps qui passe, les éprouvant dans leur vérité
respective, jusqu’à la pureté de leurs traits visibles d’une simplicité unique.
Rien ne les arrête dans une telle connivence, ni les tristesses du moments, ni les joies futiles
des autres.
Les deux s’émerveillent devant ce qui leur arrive, l’une devenue anoblie, l’autre rendue visible,
aucune se sentant gênée par l’autre ou la trouvant nuisible.
D’un même cœur, d’une seule voix, elles chantent et s’émerveillent : béni sois-tu de m’avoir
créée.
La fragrance de leur émerveillement parvient à moi et à mes sens.

Le 10 août 2020
Il a doublement vaincu
“Aujourd’hui, l’Église de Rome nous invite à fêter le jour où le bienheureux Laurent a triomphé,
jour où il a terrassé le monde furieux, où il a dédaigné le monde flatteur et ainsi a doublement
vaincu le démon persécuteur. ” Homélie de st Augustin
Comment savoir la différence entre
Ce qui nous fait du bien et
Ce qui nous fait du mal?
A quel prix nous l’apprenons
Et pour quel gain?
Les furieux et les flatteurs
Sont dans le même tiroir.
Les uns font peur,
Les autres endorment,
Tous nous font du mal
Directement, ou masqués.
Persécuteurs avérés ou faux amis,
La triomphe de la vérité
Est au prix de l’amour
De la vérité et du destinataire,
Parce que de la Source de tout bien.
Seigneur,
Aujourd’hui tu m’invites à fêter
Le triomphe de saint Laurent,
Qu’il soit aussi un peu le mien.
Amen

Le 9 août 2020
L’entrée de la caverne
“Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée
de la caverne.”
1 Roi 19,13
Qu’est-ce qui nous fait sortir de nos cavernes ?
Un événement grave, un manque redoutable.
Et que voyons-nous alors ?
Nos rêves de toute puissance à revisiter.
Dieu n’est pas non plus dans les rêves,
Il est comme une brise légère
Qui émousse à peine
Notre conscience.
C’est dans la caverne
Qu’on peut le capter,
Mais il faut sortir
Pour le comprendre,
En se couvrant le visage
D’un infini respect pour
La découverte, car pour
L’auteur qui l’inspire.
Seigneur,
Fais nous sortir de nos cavernes,
Mais ne nous laisse pas errer dehors,
Nous avons entendu ton appel,
Maintiens en nous sa résonnance
Et l’espérance de sa douce voix!

Le 8 août 2020
Il ne parlait guère.
guère qu’avec Dieu, dans l’oraison, ou de Dieu, et il exhortait ses frères à en faire
autant.”
D’après les actes de canonisation de S. Dominique 1234
Il est sorti du cœur de l’Europe,
Il est né au cœur du moyen âge.
Il est rené au cœur de la foi,
Il est parti avec le coeur de prédicateur.
Nous sommes liés à lui,
Nous sommes liés à sa postérité.
La chapelle de Rosary Hill
Est vide de notre présence.
Il ne parlait qu’à Dieu et de Dieu,
Pour le reste on peut s’imaginer.
Seigneur,
Aide-nous à parler à toi,
Aide-nous à parler de toi.
Pour le reste
Le strict nécessaire suffira.
Mais pour parler comme cela,
Apprends-moi à écouter
Comment toute vie respire
Et comment ton souffle l’inspire.

Le 7 aout 2020
Quel avantage
“Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il
à gagner le monde entier,
si c’est au prix de sa vie ?” Matthieu 16, 24-28
Des avantages et des inconvénients,
Ils marchent toujours ensemble.
L’avantage du repos prolongé,
L’inconvénient d’un travail interrompu.
C’est une manière de voir se loger
Les deux, qui est bien à courte vue.
Vouloir les séparer à tout prix,
Ce n’est pas sain non plus,
Il reste d’aller plus loin,
Au-delà d’un tel clivage.
Seigneur Jésus,
Tu m’invites à prendre ma croix
Et te suivre.
Avec un tel “accessoire” comme équipement,
parcourir le monde pour trouver la vie.
Je ne la gagnerai pas si je ne sais pas
Où est le trésor caché de tout cela.
Où ? au ciel, et pour la terre c’est comment ?
Où ? Sur terre, et pour le ciel c’est comment ?
Je peux oublier le ciel,
Je peux oublier la terre,
Mais je ne peux pas oublier ma vie,
Et le trésor qui se cache derrière la croix.

Le 6 août 2020
Il nous est bon
“chacun de nous, possédant Dieu dans son cœur, et transfiguré à l’image de Dieu doit dire avec
joie : Il nous est bon d’être ici, où tout est lumineux, où il y a joie, plaisir et allégresse, où tout,
dans notre cœur, est paisible, calme et imperturbable, où l’on voit Dieu” Homélie d’Atanase
Il nous est bon,
Le sentiment du déjà vu et ressenti,
Comme si nous revenions
À notre enfance et nous mêmes.
Il est bon de revenir à la source,
Y boire sans se demander
Pourquoi on a soif.
Est bon ce qui est bon,
Notre instinct de survie
Ne nous trompe pas.
Bon et lumineux est ainsi
Notre coeur plein de joie
Qui ne périra pas.
Tant qu’il y a de la foi,
Tout dans notre coeur
Est paisible, calme, imperturbable,
Là où on voit Dieu, sans illusion,
Car déjà transfiguré, rendu capable
De ressentir et voir ce qu’il est.
Il nous est bon de le capter,
Ce moment qui se manifeste
Et nous transfigure parfois.
Il est bon de posséder
Celui qui nous possède
Et communique sa joie.
Que la lumière soit !
Et la lumière fut.
Il eût un jour,
Il eût un matin,
Ce fut pour nos yeux,
Qu’ils voient !

Le 5 août 2020
Qui recueillera ?
“L’homme ici-bas n’est qu’un souffle ;
il va, il vient, il n’est qu’une image.
Rien qu’un souffle, tous ses tracas ;
il amasse, mais qui recueillera ?” Psaume 38
Qui recueillera ?
La rosée du matin est recueillie
Par la plante qui la boit.
La pensée du soir est recueillie
Par le livre de la vie.
Les “oublis” de la vérité
Par la miséricorde qui se souvient de l’amour.
Les produits dérivés de notre vie
sont tous rivés, fixés sur réalité de Dieu.
Tout compte pour lui, tout comme pour nous,
Mais pas dans le même ordre.
L’homme ici-bas amasse,
Dieu là-haut recueillie.
Même si l’homme amasse
Sans donner à Dieu,
Dieu recueillie ce que l’homme amasse.
Seigneur, que ton souffle créateur
Continue d’insuffler en moi
Ce que tu veux me donner,
Et que je n’ai pas peur d’en manquer.

Le 4 août 2020
Un avant-goût
“Mes enfants, vous avez un petit cœur, mais la prière l’élargit et le rend capable d’aimer Dieu…
La prière est un avant-goût du ciel, un écoulement du paradis. Elle ne nous laisse jamais sans
douceur. C’est un miel qui descend dans l’âme et adoucit tout. Les peines se fondent devant
une prière bien faite, comme la neige devant le soleil.” Saint Jean-Marie Vianney
Un avant-goût du ciel,
Un pressentiment,
Une anticipation.
Un écoulement du paradis,
Un épanchement du ciel,
Une communion.
Les peines se fondent,
C’est quoi une prière
Bien faite ?
Que ta volonté soit faite,
Suis-je prêt, déjà,
Quoiqu’il arrive ?
C’est dans l’adversité
Que le coeur s’élargit
Et rend capable d’aimer.
La prière anticipe,
La prière prépare,
La prière répare et restaure,
La prière élargit et honore,
Élargit le coeur et honore Dieu.
“Elle ne nous laisse jamais sans douceur”

Le 3 août 2020
Levant les yeux
Mt 14, 13-21
« Levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux
disciples, et les disciples les donnèrent à la foule »
Et nous pendant ce temps là
On lève les yeux au ciel
En lui demandant,
Quand tout cela s’arrêtera.
Pour pouvoir vivre normalement,
Pour pouvoir sortir facilement,
Pour pouvoir revenir en sécurité.
Et pour pouvoir voir le pain du ciel
Rompu et donné se démultiplier
Sous nos yeux désireux de le voir.
Comme d’autres veulent voir le ciel
Directement, sans passer par le corps.
Sur les uns, sur les autres j’entends
Dieu prononcer sa bénédiction.
Comme je l’entends sur le pain béni
Pour lequel nous rendons grâce
Ensemble.

Le 2 août 2020
Jamais deux sans trois
“Les enseignements du Seigneur sont au nombre de trois :
L’espérance de la vie, commencement et fin de notre foi ; la justice, commencement et fin du
jugement ; l’amour, attestation pleine de joie et d’allégresse des œuvres accomplies dans la
justice.” De la lettre attribuée à Barnabé.
Sur ces paroles d’un âge apostolique
Se sont superposées d’autres,
D’un âge nettement moins canonique.
“Un, maman a tort
Deux, c’est beau l’amour
Trois, l’infirmière pleure
Quatre, je l’aime…” (Mylène Farmer)
Jamais deux sans trois,
Tout est même en cascade,
Les causes et les effets
Se succèdent inexorablement.
L’espérance de la vie
Et souvent ramenée
A l’espérance de vie,
La justice aux préjudiciables
Et l’amour court toujours.
Il y a même la suite
Qui peut être pleine de joie,
Quand ce n’est pas une cuite.
De “peur” de dire à dieu à la joie divine,
Commencement et fin de jugement,
Je les confie à Dieu,
Et devant sa justice je m’incline.

Le 1er août 2020
Traité de l’amour
“TRAITÉ DE L’AMOUR DE JÉSUS CHRIST PAR S. ALPHONSE-MARIE
Toute la sainteté de l’âme et sa perfection réside dans l’amour envers Jésus Christ, notre Dieu,
notre souverain bien et notre rédempteur. C’est la charité qui rassemble et protège toutes les
vertus qui rendent parfait.
Est-ce que Dieu ne mérite pas tout notre amour ? Il nous a aimés dès l’éternité. « Considère,
nous dit-il, que j’ai été le premier à t’aimer. Tu n’avais pas encore vu le jour, le monde lui-même
n’existait pas, et moi je t’aimais déjà. Je t’aime du fait même que je suis ».”
Saint Ignace Loyola hier,
Saint Alphonse-Marie Ligorie aujourd’hui.
Cet autre géant de la vie spirituelle
Fait partie de la mémoire vive de l’Eglise.
La sainteté de mon âme réside dans l’amour envers… et en dépend.
Mais c’est la charité qui rassemble tout
Et rend tout parfait.
Tout est donné, mais tout est à recevoir,
Tout pour moi, mais rien sans moi.
Tout est donné de toute éternité
Et tout est attendu de moi
De toute éternité aussi.
“Tu n’avais même pas vu le jour…
Et moi je t’aimais déjà”
Savoir exister déjà dans le désir
D’aimer comme source de notre vie,
Cela consolide tous les savoirs
Que nous avons ou désirons avoir
Sur ce que vouloir exister
Peut vouloir dire.
Pour Dieu c’est si simple
Il aime du fait d’exister.
Quelle invitation à aimer
Par le fait même d’exister.
La charité rend tout parfait,
Y compris le désir d’aimer,
Par le simple fait d’exister.
Seigneur, donne moi de ce désir
Et donne moi la foi pour y parvenir !

Le 31 Juillet 2020
St Ignace
“Son expérience l’amena à voir que certaines pensées le laissaient triste, d’autres joyeux, et
peu à peu il en vint à se rendre compte de la diversité des esprits dont il était agité, l’esprit du
démon et l’esprit de Dieu.
Telle fut sa première réflexion sur les choses de Dieu et plus tard, quand il fit les Exercices,
c’est de là qu’il tira ses premières lumières sur la diversité des esprits.” La biographie, lecture du
jour du Bréviaire.
Un géant, pas de taille,
mais d’esprit et d’actions,
Ce matin son ombre se pose sur moi,
Avec le livre de sa vie entrouvert,
Pleine d’exercices peu scolaires,
Ou alors de l’école de la vie,
Où on apprend à discerner
Entre le bien et le mal,
Et y trouver la source.
Un géant qui ne fait pas peur,
Comme ceux qui peuplent les contes.
Il se pose en roi de discernement,
Il exerce une influence d’esprit.
Qui s’en plaindrait ainsi éclairé ?
Qui s’en prendrait à son évangile ?
Celui qui n’aime pas la lumière
Car il est trouble et ténèbres,
Le démon lui-même qui l’agitait
L’a “forcé” d’y mettre de l’ordre.
Ouvert à la grâce divine,
Il ne refusa pas un tel combat.
Il a fait mieux, en créant une compagnie,
Pour aider les autres à poser un regard
Juste sur eux-mêmes, sur leur relation
Avec le Christ, source de la Vie.
Cela l’a rendu tout joyeux,
Et rien ne lui paraissait impossible,
Pas seulement pour le dire,
Mais pour le faire avec les autres.
Saint Ignace, priez pour nous ! Amen

Le 30 Juillet 2020
Lieu de repos
“Quelle est donc la maison que vous bâtiriez pour moi ? Quel serait l’emplacement de mon lieu
de repos ?” Is66,1-2
Étrange demande,
Qui parle ?
Dieu veut avoir une maison pour lui,
Il veut une demeure sur la terre.
Certes un abri,