Nous remercions vivement les Missions Étrangères de Paris qui nous autorisent à reproduire l’article suivant paru dans la revue  Missions Étrangères de Paris,  n° 541, septembre 2018

Une communauté catholique francophone, qu’est-ce que c’est ?

Les communautés de Singapour et de Kuala Lumpur, différentes par leur réalité, sont des lieux énergisants, électrisants, joyeux. Chacun trouve sa place au service des autres et pour la transmission de la foi. Elles sont jeunes. Les shorts, les tongs et les vêtements colorés cassent les codes sociaux. L’accueil y est essentiel : nous essayons d’accueillir l’autre dans ce qu’il est et non pas pour ce que nous voudrions qu’il soit. Elles deviennent des lieux de fraternité. Elles sont généreuses en temps et financièrement aussi afin de soutenir les associations locales s’occupant des plus pauvres et les foyers où sont investis les volontaires MEP. Catholiques parce que la Parole de Dieu nous fait nous reconnaître de la même famille. Quand on est loin, comme il est bon de partager des joies et des peines. Cette Parole de Dieu nous donne d’accueillir au sein de notre communauté nos frères et sœurs protestants et orthodoxes. Catholiques parce l’eucharistie célébrée en français permet de mieux se retrouver pour vivre son quotidien. Francophones car la langue française et la culture qu’elle porte nous ouvre à d’autres cultures. Libanais, Luxembourgeois, Belges, Suisses, Vietnamiens cultivant l’amour de cette langue nous rejoignent. Les couples mixtes nous donnent d’accueillir des Singapouriens, Philippins, Coréens qui apprennent le français. Des CCF qui rendent leur équipe d’animation pastorale et leur pasteur heureux.

Patrick Portier, aumônier des paroisses francophones de Singapour et de Kuala Lumpur

 

La communauté catholique francophone de Singapour se retrouve trois dimanches par mois autour de son aumônier, le Père Patrick Portier, qui partage son temps entre la CCF de Singapour et la CCF de Kuala Lumpur (Malaisie). Pour Kuala Lumpur, merci de vous reporter à l’article : Malaisie, Kuala Lumpur.

En images : la paroisse francophone de Singapour


La journée de rentrée d’octobre 2017

Chaque année, la journée de rentrée se retrouver pour une messe en plein air et un temps de convivialité. Ainsi, le 14 octobre prochain, nous nous retrouverons pour la journée de rentrée dont le thème est « Viens mélanger tes couleurs ! » Mgr René Dupont


Chorale, scoutisme, animation des messes

Les engagements et activités sont multiples, pour petits et grands.


Messes à St Joseph International Junior School

La communauté catholique francophone de Singapour se retrouve trois dimanches par mois autour de son aumônier, le Père Patrick Portier, qui partage son temps entre la CCF de Singapour et la CCF de Kuala Lumpur (Malaisie).


Sacrement de Confirmation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mgr René Dupont, MEP, évêque émérite d’Andong (Corée du Sud) était parmi nous pour la messe durant laquelle plusieurs dizaines de jeunes ont reçu le sacrement de confirmation en mai 2018. En effet, si loin de la France, les communautés fonctionnent en réseau. Les paroissiens voyagent, les aumôniers, prêtres et évêques aussi


Préparation au mariage

Plusieurs dizaines de couples francophones se préparent au mariage chaque année à la CCF mais la plupart se marient au printemps ou en été dans leur région d’origine. Les mariages français à Singapour sont plus rares ! Ici, une célébration en français par par le Père Michel Arro, MEP.

 

 

 

 

 


Témoignages de paroissiens


Christophe Venot : « En service pour la communauté »

« Le service à la paroisse, je l’ai découvert un matin, nous avions été bien accueillis par des Français anonymes de la communauté catholique francophone. C’était en septembre 2011. Ces Français, Antoine et Sophie, sont devenus de grands amis. Antoine portait un de ces grands sacs bleus IKEA, remplis de bibles illustrées, de croix de bois et de crayons de couleur. Il partait faire le partage d’évangile aux enfants de trois à sept ans pendant l’homélie. Il me tend une couverture et me dit : « Tu viens nous aider ! Il nous manque quelqu’un ! » C’est de cette manière que j’ai commencé à m’occuper des enfants pendant les messes ; ils étaient parfois jusqu’à 120 – 130. J’ai alors pris la responsabilité de cette activité avec plein de mamans, de papas aussi, qui sont devenus des amis. Les mamans préparaient consciencieusement les fiches d’explications des textes de l’Évangile du jour aux enfants. Antoine et Sophie qui m’avaient « appelé » pour ce service, nous ont ensuite amenés au parcours Zachée. Puis, avec Aurore, ma chère épouse, nous avons participé à l’équipe « accueil » de la paroisse avec des gens aussi riches qu’attachants : Sophie, Lucile, François et tant d’autres… Nous prendrons ensuite l’organisation de cette équipe « accueil » pour mener à bien la mission de faciliter la vie des nouveaux arrivants et de leur proposer tous les services de la paroisse (catéchisme, services liés aux sacrements, parcours divers, etc.). Donner un sourire et rapporter de celui qui l’a reçu tout ce qu’il y a de meilleur en lui, par un regard ou une parole ; voici ce que nous aura apporté ce merveilleux service de l’accueil paroisse. Aujourd’hui, l’organisation du parcours Alpha Couples nous tient à coeur.

Cela m’amène à cette phrase de la Bible, décrivant l’impulsion qui aura été la nôtre de rendre des services au sein de notre communauté et d’y participer aussi : « Voici que se font en toi toutes choses nouvelles » (Apocalypse). Dans les événements de la vie, il faut savoir discerner qu’il y a toujours un cadeau. Quelle que soit notre réussite extérieure, le sens de ma vie n’est-il pas de faire avancer notre communauté, ne serait-ce que de quelques pas ? Chaque personne rencontrée accueille mon cadeau comme j’accueille le sien, et chacun repart de la joie de l’autre. »

Gaëlle Montagnes : « Comment le Seigneur s’est fait connaître à moi à Singapour ? »

« Je crois qu’on ne vient pas quelque part par hasard et je crois que le Seigneur a mis Singapour sur ma route pour me faire cheminer. C’est peut-être le plus beau voyage que j’ai fait en Asie. Tout d’abord, par les gens que nous avons rencontrés ici, investis dans la paroisse, dans des associations, et qui nous ont accueillis en donnant de leur temps. Comment ne pas se sentir appelés lorsque tant de gens donnent autour de nous ? Et puis aussi par un petit clin d’oeil du Seigneur : il devait bien sentir que ma foi avait besoin d’un coup de pouce ! J’ai suivi le parcours Alpha en arrivant, il y a huit ans. Or, au milieu de ce parcours, il y avait le week-end sur l’Esprit Saint. J’attendais beaucoup de ce week-end parce que, l’Esprit Saint, je n’avais jamais senti son souffle me toucher… Bref, je suis le parcours et la veille du week-end… Je tombe malade ! Les oreillons ! À 40 ans, avouez que ce n’est pas courant ! J’ai été énervée, déçue de n’avoir pu assister à ce weekend…

Alors j’ai cherché quelle était l’explication ? C’est là que je me suis rendue compte que l’Esprit Saint était lié à la confirmation et que je n’en avais aucun souvenir puisque… J’ai appelé ma maman, qui m’a confirmé que je ne l’avais jamais faite. Et c’est ainsi que j’ai reçu le sacrement de confirmation adulte, ici, entourée et préparée par des personnes magnifiques dont ma marraine. Pour moi, cela a été un clin d’œil de Dieu pour me dire de me mettre en marche vers lui. Et nous avons tous cheminé, nos enfants, Arnaud et moi. Je crois qu’on a presque tout coché : l’éveil à la foi, le catéchisme, les scouts, l’aumônerie, le parcours Alpha, la préparation au mariage… Mais pas seulement comme consommateurs : en s’investissant, je dirais même surtout en s’engageant. Car s’il y a une chose que j’ai apprise ici c’est combien nous recevons lorsque nous donnons, combien accueillir Dieu dans nos vies nous tourne vers les autres et nous enrichit. Alors un grand merci à la paroisse et à la communauté catholique francophone de Singapour ! »


Thomas et Shabri « Où poser les jalons et les valises de notre famille ? »

« Ballotés par le vent depuis notre tendre enfance, puis une rencontre inopinée et nous voilà mariés. De nouveau sur le pont, nous cherchons notre bourg et nous voilà à Singapour. Non par un pur hasard ! Après quelques années de mariage, virevoltant entre la philosophie yogiste de Sri Auroubindo pour Shabri et la communauté des Frères de Saint-Jean pour moi, il arriva ce moment fatidique de la remise en question : Quel lieu de vie ? Où poser les jalons et les valises de notre famille ? Les Indes enchanteresses m’attiraient etla France me repoussait, pour Shabri c’était le contraire. Le choix fut cornélien : rester dans cette Asie envoûtante et oppressante ou repartir dans cette Europe organisée et cadrée. C’était sans compter l’intervention de saint Joseph, le saint patron de notre paroisse francophone de Singapour. Tout s’éclaira lors d’une mission en Inde pour le compte d’une entreprise singapourienne. Comment ne pas avoir pensé à cette cité État posée entre les eaux culturelles asiatique et européenne. Nous y avons donc posé nos valises. Shabri, en mère de famille, construit son nid et continue sa philosophie, et pour ma part, je rejoins seul les catholiques francophones de Singapour. Saint Joseph dans sa bonté, une fois de plus, a poussé mes parents sous un bon vent pour une mission de trois ans dans la cité du Lion. Un jour, Shabri fut piquée dans sa curiosité afin de rencontrer cette fameuse communauté et de mieux comprendre ma satiété envers notre Bien-Aimé. Naturellement, nous avons été accueillis au parcours Alpha orchestré par Graziella et Laurent, un couple éclectique franco italien. Avec d’autres volontaires, ils tissent entre les Alphatis et la communauté un sens de bien fondé. Shabri en fut réanimée. Ce fut le début d’une nouvelle aventure. Dans cette communauté, les missions et l’accueil sont si importants que le mot d’ordre pourrait être « ni se servir, ni s’asservir mais simplement servir. »


Jeunes parents à Kuala Lumpur

Déjà un an ! C’est si court et pourtant tant de choses se sont passées. Nous avons débarqué à Kuala Lumpur fin août 2018 avec nos deux filles et un petit bonhomme encore au chaud. Nous nous sommes tout de suite sentis accueillis : « viens donc rejoindre la chorale » ; « il y a la prière des mères » ; « dis-nous si tu as besoin d’aide, tu sais ici on se serre les coudes », « ça vous dirait de rejoindre les équipes Notre Dame ? ». Et puis, on s’est rendu compte que la CCF existe non pas le dimanche une fois par mois lorsque nous avons la chance d’avoir notre aumônier avec nous, mais tous les dimanches lorsque nous nous retrouvons nombreux dans une paroisse locale ; et même plus, la CCF existe tous les jours : à travers les groupes de catéchèse, l’équipe Notre Dame, le parcours Zachée, la prière des uns pour les autres, les rencontres qu’elle permet et les amitiés qui se tissent. Un des moments les plus forts de notre année a été le baptême de notre fils Melchior. Nous étions un peu tristes qu’aucun membre de nos familles ne puisse être présent, nous nous sommes sentis portés lorsque toute la communauté s’est déplacée à côté du baptistère dans un élan spontané. Nous étions en famille !

 

 


Une association au secours des enfants de Manille


ANAK-Tnk,un pont pour les enfants

Arrivés à Singapour avec nos trois enfants en 2010, nous avons rapidement eu l’occasion de voyager en Asie du Sud-Est. Nous avons décidé de nous engager pour l’association ANAK-TNK qui s’occupe d’enfants des rues à Manille.


Philippe et Florence Guibert

Nous avons été très vite confrontés à la pauvreté et aux difficultés que beaucoup vivent chaque jour dans les pays voisins, offrant un contraste majeur avec le cocon dans lequel nous évoluons ici. La paroisse francophone nous a donné l’occasion de découvrir plusieurs associations soutenant des projets divers au profit d’enfants défavorisés dans la région. Nous avons ainsi eu l’occasion d’entendre le témoignage du Père Matthieu Dauchez, prêtre à Manille qui dirige la Fondation ANAK-Tnk, un pont pour les enfants. Le magnifique témoignage d’amour donné par le Père Matthieu racontant le parcours des enfants de la fondation, et la joie que leur a apportée la découverte du Christ, nous a particulièrement touchés et nous a offert le bonheur de nous engager pour le soutien de la fondation. À travers des évènements locaux divers (rallye pédestre, concours de pétanque, marché de Noël,…), nous essayons de faire connaître l’association et de sensibiliser ceux que nous croisons ici aux besoins matériels et spirituels de la fondation. Tous les deux ans, la venue du Père Matthieu à Singapour pour témoigner des leçons que nous donnent les enfants de Manille est un temps fort pour notre paroisse. Cet engagement a participé à changer notre regard sur le monde qui nous entoure, et à reconnaître la puissance de l’amour du Christ chez ceux qui souffrent.


ANAK-Tnk

Fondée en 1998, ANAK-Tnk vient en aide aux enfants les plus défavorisés à travers différents programmes:

 

  • L’aide aux enfants des rues recueillis dans des centres ANAK-Tnk, afin de leur donner un cadre familial, scolaire et de santé.
  • L’aide aux enfants des bidonvilles et à leurs familles avec en particulier l’éducation des mamans aux soins de leurs enfants.
  • L’aide aux enfants chiffonniers qui vivent de leurs tris sur les décharges ;
  • L’aide et l’accueil des enfants handicapés.


 

Lien vers le site de la CCF de Singapour

 

Lien vers le site de la CCF de Kuala Lumpur